Baby blues, savoir repérer la déprime passagère liée à une naissance

La venue d’un enfant n’est jamais complètement prévisible et calibrée. Même après une grossesse et un accouchement qui se sont parfaitement bien déroulés, il arrive que de jeunes mamans traversent des troubles plus ou moins graves. À côté du très classique baby blues, il y a la dépression post-natale, une véritable dépression, et la psychose puerpérale. Cette dernière est rare (une accouchée sur mille) mais gravissime car, non traitée, elle peut déboucher sur un événement grave.

Définition du baby blues

Les psychopathologies du post-partum regroupent l’ensemble des troubles psychiques qui peuvent apparaître chez une femme venant d’accoucher. On distingue le baby blues, la dépression post-natale et la psychose puerpérale.

Le baby blues est un état dépressif bénin qui touche environ sept accouchées sur dix, autour du troisième jour après la naissance. Il disparaît spontanément au bout de quelques jours.

La dépression post-natale peut commencer par un baby blues qui se prolonge, ou survenir plusieurs mois après l’accouchement. Une femme sur dix est concernée. Elle présente les symptômes d’une dépression, centrée sur son rôle de mère et la relation avec l’enfant.

La psychose puerpérale, qui concerne de 500 à 700 femmes en France, chaque année, se caractérise par une grave instabilité mentale et nécessite une hospitalisation.

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Symptômes repérables de cet état dépressif

Martine Jouffroy Valton est spécialiste en maternologie et thérapieliée à la grossesse

– Pour le baby blues, les symptômes sont les suivants : crises de larmes sans raison apparente, fatigue, irritabilité, sautes d’humeur, anxiété, doutes sur sa capacité à s’occuper du bébé, troubles du sommeil, sentiment de découragement.

– La dépression post-natale se caractérise elle par une fatigue tenace, des pleurs fréquents, des pensées obsessionnelles, des difficultés à se concentrer, un grand manque de confiance en soi, un sentiment permanent d’être débordée, incompétente, mal jugée et mal aimée, des colères incontrôlées, des crises d’angoisse, parfois des tendances suicidaires.

– Pour la psychose puerpérale, on repère des confusions, des délires hallucinatoires, la perte du sommeil, le symptôme majeur étant d’entendre des voix qui disent de faire du mal, voire de tuer, le bébé.

Population à risque

Les femmes peu ou mal entourées sont bien sûr plus fragilisées. Des problèmes familiaux, de mauvaises relations avec ses parents, des tensions à l’intérieur du couple, sont autant de facteurs qui peuvent prédisposer à un baby blues ou une dépression. « Le rapport à sa propre mère est très important » souligne Catherine Garnier-Petit, psychologue. « La mère pose une empreinte sur sa fille qui, à son tour, la posera sur son propre enfant. Ainsi, si une femme ne s’est pas occupée de son bébé à la naissance, il peut arriver que cet enfant connaisse des difficultés quand elle devient mère ». Le retour à la maison peut être un moment « à risque », si la nouvelle maman est seule, débordée, sans soutien ni personne à qui se confier. Pour la psychose puerpérale, la survenue est complètement inattendue. Il n’y a pas d’antécédent psychiatrique.

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